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L’ombre de la peur de l’autre à Macenta (Par Soninké Diané)

Nous vivons une période dure et complexe de notre histoire, nos politiques ont réussi un challenge celui de la méfiance, du doute, de la peur de l’autre, tandis que les mêmes populations partagent des histoires communes, un passé commun de coexistence sociale.

Les exigences de la gouvernance attachent au respect de la forme de l’Etat, une importance de taille. Toutes les actions et initiatives menées dans un pays doivent tenir compte de ce facteur. Ces organisations à relent ethnique, divisionniste et communautaire riment-elles avec la notion de la République ? La Constitution récemment adoptée fait cas ? Ces fameuses installations de patriarches communautaires ont elles un impact positif sur la communauté, la localité, l’environnement, le civisme, la cohésion sociale ?

Ce qui oppose les populations, ce n’est pas seulement la différence communautaire ? C’est aussi, le non-accès aux ressources, c’est la discrimination, c’est l’exclusion, c’est la manipulation, c’est l’injsutice. Les pays où le système administratif et politique fonctionne avec des institutions qui s’assimilent avec l’ethnie et le communautarisme.

La récente crise communautaire survenue à Macenta pressage d’un lendemain incertain, nos élites ou animateurs de l’espace politique ont pour arguments politique que l’ethnie, le débat est loin de la contradiction idéologique. Ces violences inutiles risquent de réveiller les vieux démons.
A peine la semaine dernière on a dénombré 17 morts et plusieurs blessés ainsi que des concessions pillées au terme de deux jours de violences intercommunautaires survenues entre les Tomas et les Manias dans la préfecture de Macenta, a-t-on appris de source officielle.

Ces violences qui ont éclaté suite à la réclamation de la paternité de la ville de Macenta par chacune des deux communautés autochtones de cette cité forestière, située à près de 800 kilomètres de la capitale, à savoir les Tomas et les Manians, ces heurts ont endeuillé de nombreuses familles.

Cependant la cohésion sociale est apparente. Les populations vivent avec la peur de l’autre. Des problèmes de fond demeurent et ne sont pas réglés. Au cas contraire, des affrontements meurtriers entre les communautés peuvent resurgir sachant que les crises sont souvent téléguidées à partir de Conakry et de l’extérieur.

Surtout quand nous savons que nos aïeux en fondant des villages priaient Dieu de grandir le village afin de les oublier. Pourquoi nous qui n’avons rien fondé, nous venons menacer la paix, la quiétude sociale, nous voulons mettre fin aux pactes anciens scellés des siècles et des siècles, sachant l’hospitalité sacrée et légendaire dans nos traditions et cultures ?

Oui, la vie entre communautés en Guinée est encore possible, si les autorités traditionnelles, religieuses, administratives, si les populations, si les partis politiques s’investissent dans des actions de renforcement de la cohésion communautaire. La paix, la réconciliation et la cohésion sont le résultat de constructions actives permanentes.

Il faut se ressaisir pour éviter la généralisation de ses crises à caractères communautariste et ethniques, elles trouveront les solutions dans la proposition d’un nouveau contrat communautaire axé sur nos valeurs anciennes par la justice réparatrice, la vérité réparatrice et le pardon réparateur. Ceux-ci peuvent être gages de paix durable.

Il est de la responsabilité du Gouvernement d’initier les actes d’apaisements et d’accompagner toutes les initiatives locales ou nationales de cohésion communautaire.

Soninké Diané
Consultant / Formateur
Acteur de la société civile

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