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Aboubacar Sylla parle : « il faudrait que le Pr Alpha Condé soit candidat à sa propre succession… »

La Coalition Démocratique pour une Nouvelle Constitution (CODENOC) s’est entretenue lundi, à Kaloum, avec une délégation de la Mission Conjointe d’Observation Electorale de la Diaspora Africaine en Europe et du Groupe Agir Europe-Afrique, organisation Africaine pour le respect des institutions. Lors de cette rencontre, il a été question de parler de long en large de la situation politique du pays, émaillée par une crise née de la volonté d’Alpha Condé de doter la Guinée d’une nouvelle Loi fondamentale.

Cette rencontre s’est soldée par une conférence de presse, après un tête-à-tête entre les responsables des deux camps. Mais avant, la délégation a fait lecture d’une lettre ouverte qu’elle a adressé au peuple de Guinée, et à travers laquelle elle apporte son soutien au changement constitutionnel.

Interrogé par la presse, le Ministre d’Etat, en charge des Transports, par ailleurs coordinateur national de la Coalition Démocratique pour une Nouvelle Constitution, s’est réjoui de l’arrivée en Guinée de cette délégation de la diaspora Africaine en Europe, ainsi que de l’Association AGIR qui est une organisation d’observation électorale, dans le seul but selon lui, de délivrer aux différents acteurs de la Guinée, les messages de paix et de cohésion sociale.

« Nous lui avons expliqué l’histoire de notre constitution actuelle, nous avons expliqué la situation des différentes forces en présence du fait qu’au jour d’aujourd’hui, il y a une partie des guinéens, qui est favorable à une nouvelle constitution, quand une partie ne l’est pas, nous avons indiqué un peu les fondements de la position de la CODENOC par rapport à la nouvelle constitution, et je crois que c’est des positions extrêmement faciles à comprendre, parce qu’elles sont d’une évidence, claire, nous avons montré que nous avons une constitution qui était en panne de légitimité, nous avons une constitution qui est à l’usage à révéler beaucoup d’imperfections, beaucoup de lacunes, nous avons une constitution qui a besoin d’être revue complètement dans plusieurs dispositions, du fait qu’elle puisse être rédigée ou amendée. Parce qu’on amende une constitution sur quelques points. Mais on ne peut pas l’amender sur au moins une trentaine de dispositions. Donc mieux voudrait purement et simplement la modifier et de substituer une nouvelle, qui elle, sera revue du sceau de la légitimité du peuple. Donc, nous avons expliqué toutes ses raisons. Nous avons surtout indiqué que nous ne comprenions pas que certaines organisations de l’opposition et de la société civile, s’opposent à ce que la parole soit donnée par voie référendaire au peuple pour qu’il puisse s’exprimer » a ouvertement déclaré à la presse, Aboubacar Sylla.

La bataille du « OUI » ou du « NON »

« Nous aurions parfaitement compris que des voix s’élèvent pour demander à ce que ce référendum bénéficie de toutes les mesures de transparence requise pour que si c’est le OUI qui l’emporte, que ça soit le OUI qui soit proclamé, et que si c’est le NON qui l’emporte, que ce soit effectivement le NON qui soit proclamé. Mais, nous ne pouvons pas comprendre que des intellectuels s’opposent par principe à ce que la parole soit donnée au peuple souverain, pour s’exprimer sur son avenir, sur ses institutions » a dénoncé l’ancien porte-parole de l’opposition républicaine.

Alpha Condé, le peuple, le troisième mandat et la bataille du FNDC…

« Je crois que notre position tombe sur le sens d’une évidence désarmante. Je pense que de l’autre côté, il n’y a aucun argument qui puisse justifier que les guinéens ne soient pas consultés. Aucun argument. Tout ce qui est brandit de l’autre côté comme un épouvantail, c’est simplement le troisième mandat, troisième mandat, troisième mandat. Entre le troisième mandat, et la situation d’aujourd’hui, il y a au moins quatre étapes qu’il faut franchir et qui ne sont pas encore franchis : Il faudrait premièrement que le référendum lui-même ait lieu, ce qui n’est pas encore une décision du président de la République. Au stade où nous sommes aujourd’hui, nous avons tout simplement des avis qui sont exprimés, des consultations menées à la demande du président de la République, par le premier ministre, dont c’est la prérogative constitutionnelle. Pour le moment, aucune décision de référendum n’a été prise. La deuxième étape qu’il faudrait franchir, il faudrait que le Oui l’emporte à l’issue du référendum, ce qui n’est pas encore le cas, parce que même le référendum n’est pas encore décidé, troisième étape, il faudrait que le Pr Alpha Condé soit candidat à sa propre succession, ce qui n’est pas encore le cas. Et quatrième étape, il faudrait qu’il soit élu. Le simple fait d’être candidat ne lui suffit pas d’être élu. On a à côté de nous, l’exemple Sénégalais, où vous avez Abdoulaye Wade qui a tout fait pour briguer un troisième mandat. Finalement, sa candidature a été validée par la cour constitutionnelle, mais le peuple sénégalais lui a fait une leçon puisqu’il a eu à peine 1/3 de vois face à Macky Sall » a-t-il laissé entendre.

Les manouvres des opposants d’Alpha Condé…

Le leader de l’Union des Forces pour le Changement assure que face à cette situation, la CODENOC est perplexe. S’interrogeant sur des cas d’agendas cachés, l’ex proche de Cellou Dalein Diallo estime que le combat mené par le front national pour la défense de la constitution, ne vise qu’à déstabiliser le régime d’Alpha Condé.

« A moins qu’il y ait des agendas cachés que nous ne comprenons pas. Comment on peut organiser des manifestations de cette envergure, simplement pour une éventualité de candidature, simplement pour des velléités de se maintenir au pouvoir. Qui ne reposent donc sur aucune certitude, sur aucune réalité concrète, ce n’est que des supputations sur des éventualités. Ces manifestations nous amènent à des morts par dizaine, elles nous amènent à des destructions des biens publics, et privés, à des blessés, à une décrédibilisassion de notre pays, qui apparaît comme un pays instable, où il ne fait pas bon d’investir, aggravant la précarité, le chômage dans notre pays, nous sommes perplexes, nous ne comprenons pas », accuse cet ancien opposant, redevenu ministre de la République

A suivre…

Alpha Madiou BAH

(+224) 621 861 269

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