Home / Libre Opinion / Guinée : le peuple réclame le dialogue, pas le monologue ! (Tribune)

Guinée : le peuple réclame le dialogue, pas le monologue ! (Tribune)

Depuis le mois d’octobre 2019 la Guinée, à la recherche d’un équilibre introuvable, traverse une série de crises politiques caractérisées par des entêtements, des intentions douteuses et des manifestations meurtrières dont le peuple est pratiquement toujours victime et perdant. Et cette situation, si elle n’est pas remédiée risque d’orienter et diriger notre Pays vers un avenir incertain.

La question vaut tout son pesant d’or quand on sait que le Peuple de Guinée se tourne vers une nouvelle échéance électorale très incongrue.

On se rappelle encore, les dernières élections législatives couplées au referendum du 22 Mars 2020 ont fait l’objet de plusieurs morts et blessés graves.

La situation socio-politique actuelle de notre pays se caractérise d’une part par le boycottage des dernières élections par les principaux partis politiques, et d’autre part, la modification de la constitution, l’appel au dialogue du Président de la République, la volonté ferme du FNDC de rentrer en bras de fer avec le pouvoir et la proposition de la CENI de tenir les élections présidentielle en octobre 2020.

Par manque de dialogue et de consensus, tout est réuni pour un imbroglio et replonger le pays dans les perpétuelles actions permettant de se servir du Peuple.

Les dix dernières années ont été caractérisées en Guinée par un manque de liberté individuelle et collective, des violations flagrantes des droits de l’homme et des exactions dans les différentes manifestations.

Il faut également rappeler que la constitution brandie et votée a fait l’objet d’une modification par des individus non encore identifiés et cela dénote un mépris flagrant du Peuple.

Aujourd’hui la question n’est pas de savoir si le dialogue proposé par le Président est sincère ou pas, il s’agit de se mettre dans la peau du bas Peuple et se préoccuper des pertes en vies humaines qu’un dialogue de sourd pourra engendrer.

S’il est vrai que chaque groupe ou organisation socio-politique se réclame défenseur du Peuple, il est donc irresponsable d’avoir pour arme et bouclier de bataille, le peuple laborieux de guinée.

Depuis plusieurs années certaines entités socio-politiques de notre pays n’ont jamais eu de méthodes stratégiques que de dénombrer et brandir les morts comme un trophée de guerre.

C’est au regard de cette situation alarmante que j’exhorte mes confrères de l’opposition, de la mouvance et d’autres acteurs socio-politiques pour que la bataille pacifique soit gagnée. Il sera donc mieux d’entamer un dialogue national dans lequel participera toutes les couches sociopolitiques notamment : la société civile, les partis politiques, les syndicats, les religieux ….

Il faut clairement rappeler que, quelques soient les critiques, l’intensité des bras fer et la durée, on finira toujours autours d’une table. Pourquoi ne pas commencer par ça et sauver des vies ?

Il faut que l’Etat à travers la primature lâche du laisse et poser les bases pour un dialogue franc avec l’opposition politique, dans l’intérêt supérieur du Peuple qui est déjà très mal en point.

Comme dans chaque dialogue il faut que les parties prenantes acceptent de faire des concessions. C’est pourquoi il faut procéder au toilettage du fichier électoral pour garantir une élection présidentielle transparente ; libérer tous les détenus politiques et prononcer la suspension de l’assemblée nationale.

La seule personne qui doit prendre de la hauteur dans ce conflit est le Président de la République qui a inspiré la classe politique par son parcours d’opposant.

Les partis et organisations politiques, en tant qu’espaces principaux de cristallisation des attentes des citoyens, en tant que médiateurs entre les citoyens et l’État et en tant que principaux acteurs du jeu démocratique, doivent être à la fois en mesure de prendre part à la compétition et à la coopération. La coopération politique entre les partis est tout aussi indispensable à la santé d’une démocratie que les objectifs politiques poursuivis par chacun d’entre eux.

Un dialogue participatif et efficace entre partis politiques est l’un des éléments essentiels d’un système politique démocratique. Les conflits, les querelles et les rapports polarisés entre les partis politiques peuvent bloquer le développement d’un pays. À l’inverse, un niveau même minimal de confiance et de coopération entre les partis politiques peut ouvrir la voie à la paix, à la stabilité et à une croissance durable.

Le dialogue politique permet d’instaurer la confiance et de faire naître une volonté politique de changement, deux éléments indispensables aux pays qui s’engagent sur la voie de la démocratie et sont amenés à prendre des décisions difficiles.

 

MAMADOU BASSIROU DIALLO

Chargé de la communication du parti de la libération populaire

Contact : +224 620 60 55 39 / +224 662 28 75 48 – Email: bachirdiallo287548@gmail.com

Ceci pourrait vous interesser

CAN 2025 : Plusieurs investisseurs rencontrent les acteurs du COCAN, plus de 2 milliards US annoncés…

Alors que la Guinée doit abriter dans les conditions normales en 2025 la Coupe d’Afrique ...