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Aller au dialogue ou pas ? L’opposition guinéenne face à son destin !

En cette fin d’année 2020, l’Opposition guinéenne joue son destin. Depuis 2010, elle s’est courageusement battue contre un pouvoir des plus dictatoriaux d’Afrique. Elle est souvent accusée de bête.

Quelqu’un disait souvent qu’elle est la plus bête d’Afrique. Certains pensent qu’elle manque de stratégie et de proactivité. D’autres disent qu’elle est complaisante et que par son manque d’unité, elle joue le jeu du pouvoir.

D’un point de vue rationnel et positif, l’Opposition guinéenne mérite respect et considération. N’eut été sa détermination et sa fidélité aux principes et valeurs de droits humains, n’eut été le lourd sacrifice qu’elle a consenti dans le combat pour la Démocratie, la Guinée serait plongée aujourd’hui dans une dictature pire que celle des premières années de notre indépendance.

A l’analyse, de nombreuses contraintes mitigent le travail et les acquis de l’Opposition en Guinée. Notre peuple éprouve un sérieux manque de culture de la contestation. Il est accommodant et de ce fait se contente facilement du peu. Il est attentiste en ce sens que trop de gens, bien qu’opposés au système, attendent que d’autres se battent à leur place pour leur servir le trophée sur un plateau d’or.

D’un autre côté, par un jeu malicieux de corruption, la précarité est instrumentalisée par le pouvoir pour casser toute volonté de contestation chez les cadres et les populations.

Les institutions dites républicaines elles-mêmes n’échappent pas à cette politique cynique d’instrumentalisation de l’Exécutif. Celui-ci détenant le cordon de la bourse, a fini par mettre la corde à la patte des ‘’patrons d’institution’’ de sorte que les structures prétendument d’équilibre sont assujetties au Président/Roi, qui manœuvre le pays à sa guise.

Et qu’en est-il du communautarisme ? C’est de l’euphémisme de le présenter comme un véritable fléau  à l’assaut du vivre-ensemble des guinéens. L’Administration censée être un levier essentiel de développement est communautarisée et régentée par le parti au pouvoir dans tous ses compartiments. Cette situation est identique pour la société civile qui ne l’est plus que de nom.

Alors’ une Opposition face à un tel cocktail des défis, il est peut-être aisée de la critiquer, mais certainement pas de jouer à sa place. Les guinéens devraient savoir gré à l’Opposition. Les bonnes consciences devraient l’accompagner et la soutenir dans le noble combat qu’elle mène pour la démocratie.

En cette fin d’année 2020 le destin de la Guinée va basculer. Le monde assistera à un derby ‘’Alternance démocratique vs Dictature noire’’. En cette phase cruciale de la vie de notre nation, l’Opposition doit faire le bon choix. Les contraintes énumérées ci-haut sont autant d’obstacles sur son chemin, tout un challenge à vaincre pour répondre aux attentes des guinéens. Mais ce n’est tout. Il faut y ajouter la ferme détermination du pouvoir en face, qui a déjà dressé et huilé sa machine de répression, prête à broyer toute velléité de contestation du troisième mandat.

A observer les prises de position et déclarations de ses Leaders, l’Opposition semble ne pas vouloir aller au dialogue sans la satisfaction des conditions qu’elle a posées. Cette position ne souffre pas de légitimité au regard de la pertinence desdites conditions. Cependant, le dialogue semble offrir à minima une fenêtre d’opportunités pour obtenir l’assainissement du fichier électoral. L’alternance recherchée est à ce prix; et à ce prix seulement. Toutes les autres conditions énumérées en sont tributaires.

De nombreuses personnes parmi les militants et sympathisants verraient mal l’Opposition s’y soustraire. A moins pour elle de détenir un autre moyen de renverser la table, moyen que le commun des mortels ne perçoit pas pour le moment, il semble que la solution passe par le dialogue. On peut même comprendre l’usure que le pouvoir entretient pour la matérialisation de ce forum comme un signe du prix que l’Opposition pourrait en tirer.

En avant l’Opposition pour le dialogue. Il faut y aller. Il faut la réclamer à la limite; serait-ce au prix d’une manifestation de rue. Si le dialogue n’est pas convoqué d’ici le 20 juillet, date de la prochaine manifestation, celle-ci pourrait être transformée en marche de réclamation du dialogue. Cette démarche sera certainement compréhensible à l’opinion. Dans ce cas, la demande de dialogue remplacerait celle du départ du Président de la République. De facto, les préalables posés pour la participation au dialogue s’inscriraient parmi les sujets à mettre sur la table.

Telle est ma suggestion à l’Opposition à l’aune du grand derby. Dieu est imploré pour Son soutien à la vérité et Son assistance aux véridiques. Aameen !!!

Elhadj Sény Facinet Sylla
Ex. Secrétaire Général Adjoint
des Affaires Religieuses

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