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Ça continue de tuer pour se justifier dans des communiqués laconiques, quel Etat ?

L’habilité avec laquelle les autorités en charge de la sécurité arrive à se justifier pour balayer du revers de la main les réalités dégagées par le terrain sur les assassinats dont sont victimes aujourd’hui les populations en général et plus particulièrement l’assassinat de ce jeune Mamadou Moussa Barry dans la très tôt matinée de ce mardi 28 janvier 2020 montre le niveau du cynisme et de cruauté de ces dernières.

Hier, un jeune à qui l’on donne l’âge de 19 ans a été assassiné et sa dépouille refusée dans les différentes morgues publiques et privées du pays a rejoint sa dernière demeure car aucune possibilité de conservation de sa dépouille n’était là.

Dans un communiqué, le FNDC a dénoncé cette déshumanisation de notre société. Ce qui a assurément contraint les autorités en charge de la sécurité de répondre par un communiqué en parlant d’individu signalé pour banditisme.

Selon nos sources généralement crédibles, cette version est celle du gouvernement alors que la réalité est tout autre : le jeune a été arrêté, ligoté puis une balle dans le ventre. C’est la scène que décrivent plusieurs voix sauf celle de l’Etat dont le comportement corrobore à celui décrit par Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra : mentir et mentir gros et froidement de sorte à rassurer les populations. Cela est connu de tous les guinéens.

Et si la thèse défendue par l’Etat était celle réelle ! Est-ce pour être signalé pour banditisme : les forces de sécurité et de défense sont tenues d’ôter la vie à cette personne ? A quoi sert la justice ? Avec quel bien volé, a-t-il été appréhendé ? Quel citoyen a été sa victime ?

Toutes ses interrogations méritent d’être posées aux autorités en charge de la sécurité afin que les agents déployés sur le terrain répondent de leurs actes devant la loi même si celle-ci n’existe que pour ceux qui ont décidé de violer la constitution.

En somme, ce monstre froid, l’Etat continue de persister dans les violations des droits de l’homme : sous le régime Alpha Condé, la vie humaine n’est plus sacrée, la déshumanisation de la société est effective, les fondamentaux du vivre ensemble des guinéens s’effondrent.

Aujourd’hui, l’on serait à même de dire que la monstruosité de notre Etat va au-delà de ce que pouvait imaginer Nietzsche. Il y a lieu de se lever, ne serait-ce que, pour honorer la mémoire de toutes ces victimes de la lutte démocratique dans notre pays, en menant le combat de l’alternance en cette année 2020.

Fodé BALDE
Homme politique guinéen
La Guinée d’abord

 

 

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