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La CEDEAO et la durée de la transition : Ça passe pour le colonel Mamadi Doumbouya ! [Paul Moussa Diawara]

C’est un succès politique et diplomatique retentissant pour le colonel-Président Mamadi Doumbouya qui peut bien se frotter les mains et poursuivre ainsi son œuvre de refondation en marche.

Après cinq (5) jours d’intenses activités, le CNRD et la CEDEAO, loin des vacarmes et des sempiternelles contradictions de la classe politique sont parvenus à un accord de 24 mois, intégrant les dix (10) points du chronogramme de la junte militaire, une durée qui s’étend de 2023 à 2025, à la limite de la fin du mandat du PRAC en 2026.

Encore une fois, sans nul doute, c’est une grande victoire pour l’homme fort de Conakry, déjouant les pronostics les plus alarmistes des météorologues politiques, de certains observateurs de l’évolution de la vie démocratique du pays, sans oublier les analyses biaisées, parfois ou souvent orientées d’une certaine presse militante. C’est un véritable séisme politique, un camouflet diront d’autres. Quel désenchantement !

Mauvaise foi doublée de stratégie stérile, inopérante et désuète, le quatuor a perdu l’importante bataille de la durée sur laquelle reposait toute sa stratégie, toute sa force, le piège énorme tendu qu’il croyait refermer sur le discret mais redoutable tacticien militaire qu’est le colonel-Président Mamadi Doumbouya, a lamentablement échoué.

Si ce n’est la descente aux enfers, les contestataires du quatuor ont tout de même perdu le contrôle de la boussole du temps, de l’organisation et de la gestion du processus de transition. C’est un euphémisme.

En effet, au lieu de 36 mois, le CNRD fera 39 mois, avec les 15 mois qui courent jusqu’en décembre 2022 et les 24 mois de réalisation des dix (10 ) points du chronogramme de la transition qui démarrent en janvier 2023.

A rappeler que c’est le quatuor qui a exigé et obtenu la médiation de la CEDEAO, face à laquelle aucune voie de recours n’est plus possible après la publication du rapport technique de la mission de l’institution sous-régionale. Longtemps brandie comme une guillotine par les adversaires du CNRD, la CEDEAO a été une chance, une bénédiction, une solution salutaire pour le pouvoir de Conakry. Du coup, l’embargo relatif à l’interdiction de voyager des membres du CNRD et du gouvernement, la saisie des comptes bancaires et autres biens immobiliers des gouvernants guinéens tombent comme un château de cartes.

Dorénavant et conformément aux recommandations de la commission technique de la CEDEAO, par rapport au cadre de dialogue, l’institution ouest-africaine constitue l’interlocutrice privilégiée des acteurs politiques guinéens. « Le Médiateur de la CEDEAO prendra les dispositions nécessaires pour engager toutes les parties prenantes de la Guinée afin d’assurer une mise en œuvre inclusive du chronogramme de la transition », note le rapport de la commission technique de la CEDEAO.

Conséquences: la responsabilité de ramener le quatuor autour de la table de dialogue incombe désormais au médiateur de la CEDEAO. Ce n’est plus la préoccupation majeure du colonel Mamadi Doumbouya qui a d’autres chats à fouetter. Bon débarras, dit-on.

Si le dialogue semble nécessaire, la durée de la transition, thématique majeure déterminée, la suite du processus est renvoyée pour janvier 2023.

A présent, que fera le quatuor qui refuse le dialogue sans la libération ou le retour de ses leaders ? A-t-il vraiment le choix ? Assurément non!

Ceci étant, au risque de continuer à perdre, à dégringoler et à échouer irréversiblement, versé dans les manifestations de rue, son arme favorite de revendication politique en lieu et place du dialogue, le quatuor a grand intérêt à revoir son business plan politique. Sinon, au lieu de rebondir, c’est sa déchéance qui sera inévitable. En un mot, la brebis égarée du troupeau politique guinéen doit rejoindre les rangs pour éviter la mésaventure ou les jérémiades aux conséquences dévastatrices.

La récréation est terminée. Plus que jamais, il est temps, intelligence politique oblige, de changer de paradigme, de logiciel et d »opter pour le pragmatisme. « Les absents ont toujours tort », dit-on.

En janvier 2023 les choses sérieuses vont devoir commencer, le rapport technique de la CEDEAO ayant déterminé le calendrier et fixé le plan de travail auquel toutes les parties prenantes devraient se soumettre sans condition aucune pour le retour à l’ordre constitutionnel.

Erreur politique, narcissisme suicidaire ou tactique maladroite, le quatuor qui a tout le temps refusé la main tendue des autorités de la junte militaire, contesté l’État guinéen, méprisé les autres coalitions politiques, rejeté les facilitatrices, bloqué le dialogue, est obligé, condamné, pour survivre, de se plier aux recommandations aux allures d’injonction de la CEDEAO ou mourir. Il n’y a pas une autre alternative. C’est à ses risques et périls.

Paul Moussa Diawara, membre fondateur du CRAS

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