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Mission d’experts de la CEDEAO en Guinée : le journaliste Mohamed Mara émet des doutes et s’interroge

Je reviens sur cette mission de la CEDEAO

J’ai de sérieux doutes sur sa légalité, sa composition et les objectifs énoncés.

  1. Sur la légalité, il suffit de regarder de près la signataire de ce document, celle du Général Francis A. Behanzin.

Tout d’abord il convient de saluer le « succès » qu’il a récolté vendredi dernier, alors qu’il était précipité en toute discrétion avec l’ancien président nigérien,  Salou Djibo, pour convaincre le président Alpha Condé de reporter le double scrutin du 1er mars.

Toutefois, en relisant l’article 12 du PROTOCOLE A/SP1/12/01 SUR LA DEMOCRATIE ETLA BONNE GOUVERNANCE qui dispose :

« 12 :1. A la demande de tout Etat membre, la CEDEAO peut apporter aideet assistance à l’organisation et au déroulement de toute élection.

  1. Cette aide ou assistance peut s’effectuer sous n’importe quelle forme utile.
  2. De même, la CEDEAO peut envoyer dans le pays concerné une mission de supervision ou d’observation des élections.
  3. La décision en la matière est prise par le Secrétaire Exécutif »,

Il est clairement établi (al.4) que la décision d’envoyer une telle mission, ne serait-ce que technique, relève exclusivement de la compétence du président de la commission, anciennement appelé Secrétaire exécutif.

Dans ces conditions seul M. Jean-Claude Kassi Brou aurait dû signer cette lettre, par ailleurs adressée au ministre des affaires étrangères de notre pays.

Ce qui risque surtout d’effaroucher l’opposition guinéenne, ce sont les reproches à peine voilés adressés à elle par le général Behanzin il y’a moins de deux semaines. Le diplomate ouest africain désapprouvait leur refus de participer au double scrutin tant rêvé du Professeur Alpha Condé.

On pourrait légitimement s’interroger donc les contours de l’envoi de cette mission composées de trois « experts ». Mon avis là-dessus est que cette mission est déjà entachée d’illégalité et doit susciter interrogation.

  1. Sur la composition de ladite mission : la présence de M. Nouroudina Tall pose problème. Ce monsieur a travaillé plusieurs années en Guinée pour le compte de l’OIF avant d’être remercié par l’instance d’après mes informations. Jusque-là tout semble normal.

Mais son recrutement par l’ancien président de la CENI, Monsieur Bakary Fofona comme cassis tant qu’assistant  technique l’a par la suite amené à être intimement lié au microcosme politique et surtout électoral de la Guinée, et cela directement de l’intérieur de l’institution.

Actuellement en service au Burkina, il est plus présent en Guinée que dans son pays de résidence habituelle. Les hôtels Palm et Sheraton semblent être d’ailleurs du nombre de ses lieux prisés.

En outre ses entrées à Sekhoutouréa sont un secret de polichinelles. Pour preuve l’homme a quitté Conakry seulement ce lundi matin à 6 heures par le vol d’Askay. Pourtant il est connu de tous que nos fameux experts arrivent officiellement à Conakry ce mardi.

Alors je m’interroge sur les résultats d’une mission dont les contours sont autant  floues, surtout si elle est menée sans la participation d’experts guinéens et indépendants désignés par l’opposition.

Bon je raconte quoi encore là…

Construisons les arbres vivants !

Mohamed Mara

Journaliste

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