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Guinée: s’achemine-t-on vers l’organisation des examens nationaux les plus bâclés des dix dernières années ? (Michel Pépé Balamou)

Les préparatifs des examens nationaux session 2022 s’opèrent dans un contexte de populisme et d’amateurisme indescriptibles avec à la manœuvre des cadres véreux, sans charisme, autorité et expertises en la matière et qui ont contribué à l’évanescence, la déliquescence et le dysfonctionnement de notre système éducatif depuis le Ministre Ibrahima Kourouma jusqu’au ministre Bano en passant par feu Ibrahima Kalil Konaté k² et Mory Sangaré. Prendre les mêmes pièces défectueuses pour faire de l’innovation relève de la plus grande méconnaissance des mécanismes concourant à la transparence, la moralisation et la crédibilisation de toutes les étapes du processus des examens nationaux : De l’élaboration du calendrier scolaire, du calendrier des examens , des emplois du temps, des listes des candidats , des surveillants et des correcteurs , la cartographie des centres d’examens , la conception, le conditionnement, la sécurisation et le transport des sujets , la sélection des délégués ,superviseurs et membres du jury national , la passation des épreuves, la correction des copies, la centralisation et la saisie des notes , le calcul des notes , des moyennes, le classement , la délibération du jury national et la proclamation des résultats .

Albert Einstein le proclamait haut et fort : « La folie, c’est reprendre la même chose et s’attendre à des résultats différents ».

Les nouveaux locataires du Ministère de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation ont certes la volonté de mieux faire mais leur posture populiste et exhibitionniste est de nature à les conduire droit dans le mûr, en témoigne la récente visite du président de la transition dans les locaux du Centre préparatoire des examens et la volonté d’interner les inspecteurs disciplinaires , cadres de l’inspection générale de l’éducation et de la direction générale des examens dans un hôtel de luxe pour une durée de plus d’un mois. Une véritable gabegie financière dans cette période d’austérité économique et financière. Cet argent pouvait servir à rehausser les primes de surveillance et de correction gage de la réduction des velléités de fraudes aux examens.

En plus le nombre élevé de candidats cette année (Globalement ils seront cette année 540.105 Candidats dont 235.401 filles, 28 648 Candidats libres à affronter les différents Examens Nationaux sur toute l’étendue du territoire national.) est symptomatique de la légèreté ou du manque de rigueur dans le contrôle ou l’authentification des diplômes de CEE et BEPC. Avoir 28 648 candidats libres au BEPC et au Bac est caractéristique du malaise profond que traverse notre système éducatif alors que nous prônons à tout moment la tolérance zéro vers l’excellence

Ce sont des examens nationaux les plus budgétivores des dix dernières années. Alors que les nouveaux locataires avant d’être aux affaires reprochaient à leurs prédécesseurs des dépenses inutiles surtout dans l’achat des détecteurs de métaux. Ironie du sort, les mêmes détecteurs de métaux sont programmés dans ces examens de tous les risques.

En Guinée, tout le monde sait que la chaîne de la fraude est entretenue par les cadres véreux du Ministère qui sont en complicité avec certains fondateurs d’écoles privées en quête de taux de réussite élevé dans leurs écoles. La preuve en est qu’en 2021 une seule école privée de Coyah avait à son compte 22 correcteurs sur la liste des correcteurs. Et cette année beaucoup de cadres viennent du secteur de l’enseignement privé. Et pourtant tout le monde sait que beaucoup d’écoles privées sont championnes en achat de consciences.

La fraude aux examens est pluridimensionnelle :

1- L’élaboration des listes des candidats.

2- Le choix des centres d’examens. (Des candidats qui composent dans leur propre école et surveillés par leurs enseignants)

3- Le choix des surveillants qui se fait par endroit par sous-traitance (100.000 Gnf pour surveiller un examens)

4-Les choix des correcteurs, délégués, superviseurs et autres sur la base des affinités assorties de sous-traitance parfois)

5- Le mystère, l’opacité et la surfacturation des examens.

Si de Docteur Ibrahima Kourouma à feu K² le budget des examens était connu (70 milliards GNF), de Mory Sangaré à Guillaume Hawing le budget des examens est inconnu des citoyens guinéens alors que même le budget des élections est connu des guinéens. Pourquoi pas les examens nationaux ?

Il vous souviendra que seul feu K² avait reversé au trésor public après les examens de 2018 une somme de 31 milliards sur les 70 milliards dont 39 milliards utilisés.

6- L’implication de certains délégués dans la substitution des copies dans les salles d’examens et dans les secrétariats

7- La complicité de certains professeurs dans la commission des fraudes électroniques

8- Les parents d’élèves qui mettent en place des comités de rédaction ou de traité de sujets en faveur de leurs enfants- candidats

9- Les élèves eux-mêmes partisans du moindre effort entrent dans les salles avec documents et téléphones dans le seul but de copier. Ils achètent la conscience des surveillants qui au lieu de surveiller les candidats, surveille le délégué

Seule la reconversion des mentalités de tous les acteurs et partenaires du système éducatif nous permettra d’organiser des examens transparents et crédibles à défaut il va falloir perturber les réseaux téléphoniques dans un périmètre très réduit.

Michel Pépé Balamou

S/G du SNE

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