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Sékou Koundouno flingue :  »la justice guinéenne au service de la politique »

Le pool d’avocats qui défend le journaliste Amadou Djouldé Diallo a adressé le 11 mars 2020 une demande de mise en liberté à Monsieur Ousmane Coumbassa, doyen des juges d’instruction du Tribunal de Première Instance de Dixinn. Dans leur demande, les avocats ont invoqué l’illégalité de la mise en détention de M. Amadou Djouldé Diallo au regard de la loi sur la liberté de la presse. Il faut reconnaître que selon de nombreuses sources, les avocats ont introduit cette demande de mise en liberté sans trop d’illusions eu égard à la forte dépendance du juge Ousmane Coumbassa vis-à-vis du procureur de la justice, Sidy Souleymane Ndiaye. Et comme, il fallait s’y attendre, le juge d’instruction a rendu une ordonnance de rejet de la demande des avocats. Mais ce qui est étonnant, ce sont les motifs qui justifient la décision du juge. Il déclare en effet que  » les faits imputés contre Amadou Djouldé Diallo sont d’une extrême gravité de nature à heurter la sensibilité du public ». Il ajoute que la personnalité de l’inculpé fait craindre le renouvellement des faits actuellement poursuivis « .

Il est important que l’opinion publique nationale et internationale ait connaissance de cette motivation afin de constater comment certains juges déshonorent leur robe à travers des décisions de justice scandaleuses. Comment un juge peut-il avoir le courage de qualifier les faits reprochés à M.Amadou Djouldé Diallo de  » faits d’une extrême gravité « ? Des faits d’une gravité tellement extrême qu’ils sont punis….d’une amende de 5.000.000 GNF seulement, pourrait-on dire. Lorsque le juge parle de  » faits d’une extrême gravité « , on penserait à des infractions comme l’assassinat, le meurtre, le viol, l’empoisonnement, l’incendie volontaire. On penserait même à un crime de génocide, à un crime de guerre, à un crime contre l’humanité.

Les propos de M. Amadou Djouldé Diallo sont-ils plus graves que ceux d’un individu qui insulte toute une communauté, qui demande qu’on tue tous les membres de cette communauté installés dans une région et qui s’affiche néanmoins avec Alpha Condé, sa femme et ses ministres ou directeurs? Il est très malheureux que des magistrats se prêtent à un jeu aussi malsain alors qu’ils ont juré d’exercer leur mission en âme et conscience.

Le juge Ousmane Coumbassa écrit dans son ordonnance que la détention de M. Amadou Djouldé Diallo est le seul moyen de préserver l’ordre public. Mais en quoi l’ordre public a-t-il été troublé par les propos de Amadou Djouldé Diallo ? En quoi sa mise en liberté peut-elle troubler l’ordre public ? Ce genre de décisions prouvent à suffisance que dans le contexte actuel, la justice qui devait être une solution est devenu un problème. Les différentes décisions rendues contre des membres de l’opposition et de la société civile ainsi que dans le cadre du litige lié à la fermeture du siège de l’UFDG pour ne citer que ces cas constituent l’illustration la plus parfaite de l’assujettissement de la justice. Et dans tout cela, le juge Coumbassa ne répond même pas, semble-t-il, aux arguments développés par les avocats de M.Amadou Djouldé Diallo. On est en train de dire aujourd’hui que la justice est elle-même devenue une source d’insécurité pour les citoyens.

Mais quoi qu’il en soit le combat pour le véritable changement sera mené jusqu’à son terme. Et il sera couronné de victoire. Inchallah

Sékou Koundouno, responsable des stratégies et planification du FNDC

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